Souvenirs de colo part5

Publié le par Mordax

Ce jour-là c’était la fin. J’étais restée sur le centre du 4 au 25 juillet, deux séjours d’affilée. D’autres animateurs avaient également fait les deux séjours, forcément à être tous ensemble toute la journée les amitiés se créent vite. (Les tensions aussi auraient pu se créer vite, mais heureusement on a fait sans !)

 

Je l’ai dit tout au long de la journée « j’aime pas les départs ». On est tous là tout tristes, les enfants pleurent entre eux et nous en tant qu’anim tentons de garder une contenance même si ça fait mal aussi de se dire que tout ce petit monde, on ne le reverra jamais. Toute l’ambiance installée au cours du séjour se défait alors que chacun rentre chez soi.

 

 

On avait déjà laissé environ une bonne moitié du groupe au centre, leurs parents venant les chercher directement. Rien que là, voir les bouts de choux venir vous dire « au revoir » deux fois et les entendre pleurer tout bas dans vos bras, ça m’a vraiment touché.

Arrivés à Nantes, on traîne devant la gare, on s’écrit des mots, on discute l’air de rien, tachant de ne pas penser au départ. Pour ma part, je devais raccompagner deux jeunes à Lyon avec Sophie, une autre anim. Je savais donc que c’était les derniers moments que je passais avec tout le monde et était vraiment déçue de ne pas pouvoir les accompagner jusqu’à Paris.

 

Puis le temps presse, l’heure avance vite, on se précipite sur le quai, le temps de rejoindre la voiture censée correspondre, mais les places sont dans deux voitures différentes et pas moyen de s’arranger pour caser le groupe dans une seule. 10 minutes avant le départ la moitié des enfants est encore sur le quai avec leurs valises. Je monte donner un coup de main pour leurs bagages. Un calin vite fait à gauche, un bisou à droite, alors qu’on avait du temps avant, là on se dit « au revoir » à l’arrache.
« Marie-Astrid, faut que tu sortes le train va partir », je me précipite vers la porte. Et les anims alors, eux aussi repartent à Paris, eux non plus je ne les verrais plus. On s’embrasse vite mais le temps presse, même pas le temps de prendre le temps.

 

 

 
Et voila, je descends sur le quai, c’est fini.
 

 

 

De dehors, on se fait des coucous à travers la vitre tandis que les anims à bord du train font leur possible pour trouver une place à tout le monde.

Le départ du train est imminent, je cours vers l’autre voiture où se trouve Marie-Noëlle. Marie-Noëlle était sur le centre depuis le début, comme moi. On partageait la même chambre, on inventait des déguisements à la con, on partageait le sacro-saint café chaque midi et chaque soir, on s’est très bien entendue. « Ca craint » je me dis, un départ précipité comme ça. Elle à l’intérieur en train de caser les bagages, moi sur le quai ne pouvant pas monter sous peine d’être bloquée dans le train; entre nous deux les gens qui bataillent pour monter, on s’échange quelques mots vite fait.

 

 
Et puis c’est l’heure. La porte se ferme. Ils s’en vont. On se fait signe de la main mais la fatigue des derniers jours, la tristesse de la journée, le coup du départ, je craque. Je me mets à pleurer bêtement en regardant à travers la vitre du train. 
« Bah allez, faut pas pleurer, me dit un gars à côté, ce n’est qu’un au revoir ».

« Bah non justement, je lui réponds, après ça on se revoit plus » ; « connard » j’ai failli ajouter.

 

 
Alors le train est parti, alors à moitié en pleurs mais tentant de me calmer, j’ai retrouvé Sophie restée à la hauteur de l’autre voiture et on s’est prises dans les bras l’une de l’autre. Notre train étant dans une heure, elle est retournée s’asseoir sur le banc avec les deux qu’on ramenait à Lyon. Et moi je suis restée là, debout sur ce quai vide de la gare de Nantes, à regarder ce foutu train s’éloigner. Jusqu’au bout.

Publié dans Perso

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manue 08/08/2007 17:47

Desole de ce commentaire incomprehensible... en fait je t`ecrivai depuis le nouveau portable qui vient de sortir aux etats unis, il va sur internet il est vraiment genial!!! Mais les touche sont pas tres pratiques sans le stylet c`est pour ca que tu comprend rien lol. Ici tout ce passe bien je fais aue vister NY et depenser des sous... J`ai vraiment hate qu`on se voit!
A pluche!

manue 07/08/2007 18:05

ous incroyable me tecti du iPhone le nouveau telephone americain me suit a new york

Chtcherry 07/08/2007 13:18

Marie, en lisant ton post, je me suis revu aussi sur le quai d'une gare (Austerlitz, je crois), à la fin d'une colo (en tant que colon), en larmes, en juillet 85...22 ans après, j'ai failli remettre le couvert et chialer devant mon écran !!!

manue 05/08/2007 23:47

ha bah bravo moi qui deprime parce que je pars de myrtle beach dans la nuit... ca fais deux mois entiers que j`y suis, et en deux mois, on a le temps d`en creer des amities. Je me dis Marie elle a toujours des articles interessants et marrants ca me changera les idees! ...Je crois que je vais pleurer... Heureusement qu`on se voit apres ca fait au moins une chose sur laquelle je peut me rejouir!

Malak 05/08/2007 15:34

Oui mais Emy dans un avion tu peux toujours t'amuser, mettre un peu d'ambiance en criant IL Y A UNE BOMBE SOUS MON SIEEEGE !!!Alors que bon, là... Tu sais, Mordax, t'aurais dû lui dire "connard", parce que ça fait jamais de mal de se faire remettre à sa place. C'est vrai que lui pouvait pas savoir, mais quand on sait pas, on se la ferme. Et puis ça défoule, le "connard", en fin de phrase. Et là justement t'aurais pu te consoler en te disant "m'en fous, de toutes manièes je le reverrai plus".Bon pour le reste je peux pas trop t'aider, j'aime pas les chiards et je suis pas un sentimental... désolé...